AMAZONE ET ALORS ?

Mis à jour : juin 25



Je m’appelle Aurore CM.

J’ai eu un cancer du sein canalaire infiltrant hormono dépendant avec une mastectomie en octobre 2017 et une mastectomie prophylactique controlatérale en octobre 2019.

En faisant l’auto palpation sous ma douche je me suis rendu compte que j’avais une boule sur le cadran supéro externe de mon sein gauche. Je pensais que c’était un kyste hormonal mais comme deux mois après la masse était toujours présente j’ai consulté.

J’ai mal vécu l’annonce du diagnostic parce que le radiologue a été très violent, je ne m’attendais pas avoir un cancer et ses mots ont été : « vous avez un cancer, ça c’est opération et chimiothérapie ! ».

À ce moment-là j’étais dans un état de sidération, je ne comprenais plus rien, mon cerveau a « beugué », je ne savais plus où j’habitais, le mot cancer résonnait dans ma tête, toute ma vie a explosé en une fraction de seconde, c’était le début d’une autre chose et j’avais très peur...

Suite à cette annonce très violente du radiologue je suis immédiatement allée chez mon médecin traitant. La prise en charge de ma maladie a commencé avec lui, il a su trouver les mots justes pour me rassurer et il m’a dirigé vers l’oncologue qui me suit à présent. Une semaine après je rencontrais l’oncologue pour la première fois, c’était une jeune femme dynamique, très professionnelle, gentille et à l’écoute qui m’a bien expliqué ce qui allait se passer, qui a répondu à mes interrogations. Elle m’a prescrit une biopsie et une I.R.M. afin que l’on puisse mettre un nom sur mon cancer pour le traiter au mieux.

Quinze jours après j’avais le résultat de tous les examens qui avait été prescrits et dans la foulée nous avons programmé ma mastectomie gauche. Entre ma première consultation avec l’oncologue et la mastectomie, il y a eu un mois, ça va très vite.

Après ma chirurgie je n’ai pas eu de chimiothérapie parce que celle-ci était en balance (50 % pour et 50 % contre), un échantillon de ma tumeur est donc parti en Amérique où a été réalisé le test ONCOTYPE DX et les résultats ont indiqué que je n’aurai aucun bénéfice à faire une chimiothérapie.

Mon cancer étant un cancer hormono dépendant mon traitement depuis la mastectomie est uniquement l’hormonothérapie, plus précisément le Tamoxifène.

RECONSTRUCTION

Je n’ai pas envisagé de reconstruction mammaire. Il me semble bon de préciser que je ne suis pas une anti-reconstruction, je comprends et je respecte parfaitement les femmes qui la font. Ma reconstruction a été de bénéficier d’une mastectomie controlatérale prophylactique afin d’être à plat et de ne plus avoir d’anxiété liée à mon sein droit. 

Je n’ai pas envie de me faire reconstruire parce que je me sens très bien comme ça avec mon « buste aéro dynamique » comme je dis, je trouve que c’est plus fun que de dire que j’ai une poitrine plate !

Avec ou sans reconstruction, une femme reste une femme. À nous de choisir ce qui nous convient le mieux mais il faut que ce soit notre choix et pas le choix d’une tierce personne.


MON REGARD SUR MA FÉMINITÉ

Mon regard sur ma féminité n’a pas changé. Ce n’est pas parce qu’on a un ou deux seins en moins qu’on est plus une femme ou pas jolie. Depuis ma mastectomie controlatérale je me sens beaucoup mieux dans mon corps, je suis en harmonie avec moi-même. Le cancer du sein c’est un voyage au fond de soi-même, ça révèle et ça réveille des aspects qu’on ignorait avant d’être malade. Être une femme ne se résume pas qu’à une poitrine, ça serait très réducteur. La féminité selon moi c’est la bienveillance, la douceur, un regard, un sourire, une voix, une gestuelle, etc... 

SOUTIEN DES PROCHES

J’ai été et je suis encore très soutenue par ma famille et mes amis.

Un moment très difficile reste celui où j’ai dû annoncer à mes parents que j’avais un cancer, je cherchais les mots les plus doux mais… Existe-t-il des mots doux pour annoncer une telle chose ?

Immédiatement ma famille proche a été présente, un peu trop même, j’ai été obligée de mettre quelques barrières parce que je ne voulais pas être trop dépendante.

Je souhaitais fonctionner le mieux possible comme d’habitude et je me suis aussi rendu compte que c’était important pour ma famille parce que quand une personne est touchée par le cancer c’est aussi une famille complète qui l’est.


Aujourd’hui je fais face à la maladie et ses conséquences de plusieurs façons. J’ai appris à écouter mon corps et les signaux qu’il m’envoie, à me reposer quand c’est nécessaire. Je prends plus le temps. Pour ce qui est de ma reconstruction morale, elle passe par beaucoup de choses et notamment par mon compte Instagram @amazone.et.alors que j’ai créé pour rassurer les femmes, les mettre en confiance et briser les tabous sur les amazones en libérant la parole.

J’ai tiré plusieurs enseignements de cette « parenthèse désenchantée » et j’aimerais dire aux femmes qui n’acceptent pas leur corps après une mastectomie

- qu’il faut se regarder avec beaucoup de bienveillance et de douceur,

- masser ses cicatrices pour qu’elles soient les plus jolies possibles,

- ne pas se faire influencer parce que c’est notre corps, notre choix et notre vie !

- Il ne faut pas avoir honte d’en parler ouvertement parce que nous n’avons pas choisi d’avoir un cancer et verbaliser les choses c’est important.

Ne pas en parler c’est aussi se priver de jolis mots en retour qui peuvent aider à l’acceptation de soi. 

Il faudrait que les regards évoluent, que la société s’ouvre sur ça. On parle beaucoup du cancer du sein mais jamais ou très rarement des amazones. Nous sommes cachées...

J’aimerai être à l’origine d’un mouvement qui donnera envie aux femmes de s’exprimer librement et de se sentir mieux, si c’est possible pour moi alors je suis sûre que ça peut l’être pour elles aussi !

Pour les femmes qui n’arrivent pas à passer certaines étapes un suivi psychologique peut être très bénéfique.


L'IMPORTANCE DE L'AUTO-PALPATION

De 20 jusqu'à 70 ans il est conseillé de faire une auto-palpation des seins mensuellement.

Ce geste prend quelques minutes et à la moindre anomalie que vous détectez ou que vous pensez détecter, aller vite voir votre médecin traitant ou prenez un rendez-vous chez votre gynécologue.


C'est très important de consulter si vous avez un doute car, il ya beaucoup de cancer du sein chez les jeunes femmes qui sont trouvés par l'auto-palpation.


J'en suis la preuve vivante, si je n'avais pas fait l'auto-palpation, je ne serais peut-être pas là aujourd'hui pour vous en parler...

Pensez y, ça sauve des vies on ne le dira jamais assez.

REMERCIEMENTS

Si vous me le permettez, je veux remercier mon médecin traitant qui a été là dès la première heure et qui est toujours présent aujourd’hui.

Je remercie l’équipe médicale du CHU de Nîmes qui me suit : mon oncologue chirurgien qui m’a sauvé la vie ou du moins qui me l’a rallongé, les infirmières de consultations, les infirmières, les aides-soignantes et les ASH du service d’onco-gynécologie. Merci aussi à ma psychologue, sans son aide je n’aurai pas pu parler de l’annonce violente sans pleurer et depuis quelques mois c’est possible.

Et puis évidemment je veux remercier infiniment ma famille et mes amis : mes parents et ma sœur qui sont mes piliers, une de mes cousines qui se reconnaîtra, trois bouts de cœur que je ne peux pas nommer mais qui se reconnaîtront...


Et le mot de la fin parce qu’il en faut un : 

C’est que le meilleur reste à venir, oui le meilleur reste à venir c’est sûr !


Vous pouvez-vous connecter sur la page, INSTAGRAM: @amazone.et.alors

Crédit photo: NM et LCM

Francisque ATOK ©, pour @rose-sein

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